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EDITORIAL du Président

Changement de climat ?

 

Le choc de l’offre, promis par Emanuel Macron, tarde à se concrétiser. A moins qu’il ne se produise tout simplement pas, comme beaucoup d’entre nous le pressentaient. En lieu et place, on assiste sur le dernier trimestre 2017 à un ralentissement de l’activité qui laisse présager un environnement nettement moins favorable, pour les mois à venir, que celui que nous connaissions jusqu’alors.

Tous les secteurs ne sont toutefois pas logés à la même enseigne : le marché du logement neuf reste dynamique, même si des obstacles à la construction ralentissent et pénalisent encore les mises en vente, ce qui menace à moyen terme le maintien d’un niveau de prix accessible. Dans la même veine, le tertiaire confirme sa bonne santé, avec le retour de grandes transactions dans le neuf sur le secteur d’Euroméditerranée.

Un attentisme préoccupant

Dautres marchés comme celui de limmobilier existant ou des transactions enregistrées par les notaires, stagnent ou progressent très légèrement. Après un 1er semestre dynamique en volume, limmobilier existant enregistre ainsi un 3ème trimestre marqué par un ralentissement. Si les voyants restent au vert grâce aux taux d’intérêt toujours très attractifs, les multiples annonces gouvernementales sur le logement et le statut des propriétaires ont dissuadé certains acquéreurs de concrétiser leur projet ou les auront incités à les reporter, en attendant d’y voir plus clair. Sur le terrain, cet attentisme conduit à des situations paradoxales avec, par exemple, un marché des T2/T3 avec extérieur ou vue grippé en raison d’une demande supérieure à l’offre existante. On retrouve cette tendance à l’attentisme à Marseille et à Aix, où les volumes de transactions et les prix enregistrés par les notaires, sur le deuxième trimestre, restent stables, à l’exception de certains quartiers marseillais marqués par des chutes et d’autres avec des hausses comprises entre 11 et 16 %. La campagne aixoise, à l'est de la ville, augmente pour sa part d'environ 18 %.

Limmobilier social « sous le choc »

Pour l’immobilier social, le « choc » aura bien eu lieu : il se traduira après une année 2016 « historique », avec 5 185 logements agréés, par une baisse prévisible des investissements et du nombre de logements sociaux livrés, alors que la demande reste très forte en PACA. Sans parler des répercussions que subira le secteur de la construction, par un effet rebond. Le marché locatif privé peine quant à lui toujours à reprendre des couleurs : avec 12,1 € du m², il est en diminution de 1,9 %. La mobilité résidentielle des locataires ne cesse elle aussi de diminuer : elle s’établit désormais à 28 %, contre 30,6 %, deux ans plus tôt. Et le parc neuf, s’il se loue plus facilement, peine toujours à atteindre les plafonds fixés par la loi Pinel. Le secteur de la maison individuelle, enfin, ne confirme pas l’embellie de + 16 % constatée sur l’année 2016 (soit le double de la moyenne nationale), avec un retournement net de tendance : + 2 % / mois sur le premier semestre, - 1 % / mois depuis fin juin.

Nous nous adapterons, comme nous lavons toujours fait, à ce climat qui devient défavorable. Mais il doit aussi nous inciter à rester mobilisés pour porter nos propositions au sommet de lEtat et obtenir du gouvernement une politique du logement ambitieuse qui prend davantage en compte les propositions des professionnels de l’acte de bâtir.

Christian de Bénazé,

Président de l’Observatoire immobilier de Provence

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