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EDITORIAL du Président

Attention aux effets du plan logement sur l'emploi !

Le Premier ministre a évoqué un « Choc de l’offre » lors de la présentation du Plan d’action gouvernemental pour le logement. Il y aura assurément un choc. Mais il ne sera peut-être pas celui que le gouvernement escompte. On pourrait plutôt assister, si ses mesures sont mises en application, à un arrêt de la reprise d’activité enregistrée ces derniers mois et, particulièrement du fait du secteur HLM, à une baisse en conséquence des emplois dans le bâtiment.

En effet, le secteur du logement social, dont je rappelle qu’il a achevé l’année 2016 sur d’excellents résultats (5200 logements sociaux agréés et 3300 livrés pour les seuls opérateurs HLM) verrait sa capacité de financement lourdement impactés par la baisse de 60 euros de l’APL versée chaque mois à environ 60 % de ses locataires. La compensation de cette baisse de l’allocation logement par une diminution équivalente des loyers est un grave danger : elle aboutirait, si elle est mise en œuvre, à réduire drastiquement les investissements en logements neufs, en réhabilitation ou en dépenses d’entretien.

Le coup est moins brutal pour les constructeurs-aménageurs de maisons individuelles. Mais la probable division par 2 du PTZ pour les accédants à la propriété en zones C et B2 et la suppression pure et simple de l’APL Accession auraient là aussi un effet contre-productif en désolvabilisant les ménages les plus modestes. Avec, par voie de conséquence un arrêt attendu de la reprise enregistrée depuis 2015 par les entreprises de ce secteur !

Le dernier secteur directement concerné par ce « Choc de l’offre » est évidemment celui du BTP qui se relevait de huit années de crises ininterrompues, grâce à l’embellie que connaît le marché du logement neuf. Là aussi, les mêmes causes produiraient les mêmes effets : le coup de frein du PTZ en zone C et B2, l’arrêt de l’APL accession, et la forte baisse de la capacité des bailleurs sociaux à construire et à réhabiliter, feront disparaitre de nombreux emplois. La réduction du CITE est un autre danger, à l’heure où l’urgence de la réduction de la fracture énergétique fait largement consensus !

Toutes ces mesures, prises sans réelle concertation, dans la durée, avec les professionnels de la construction, se traduiraient donc par un coût social important pour les différents secteurs concernés. Il n’est cependant pas trop tard pour agir. A condition que députés et sénateurs prennent conscience des dégâts qu’auraient ces décisions gouvernementales, si elles étaient mises en œuvre, et modifient ces mesures par des amendements. Faute de quoi, l’emploi dans le bâtiment, qui repartait, va payer un lourd tribut.

Christian de Bénazé,

Président de l’Observatoire immobilier de Provence

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