CHRISTIAN DE BENAZE - Newsletter OIP Février2016

« S’unir permettra de peser dans les discussions avec les pouvoir publics »

 

Christian de Bénazé est président départemental, pour les Alpes de Haute-Provence, de l’Union des Maisons Françaises (UMF).

 

 L’UMF, dont vous êtes membre du bureau national, s'unit à l’UCI-FFB pour créer une nouvelle organisation. Quelles sont les ambitions de ce rapprochement ?

« Elles sont doubles. Il s’agit en premier lieu de peser d’avantage lors des discussions avec les pouvoirs publics, notamment sur la question des « aides à la pierre ». Le lobbying est essentiel dans nos métiers et on est d’avantage écouté lorsqu’on est uni. Le rapprochement avec la centaine d’adhérents de l’UCI-FFB en Paca  (et le millier au niveau national), nous permettra d’autre part de renforcer nos synergies, avec des opérations et des offres communes, afin de proposer des offres packagées « maisons + terrains » plus compétitives, soit avec les aménageurs, soit avec les promoteurs. »

 

Les ventes de maisons individuelles ont chuté de 50 % en 4 ans, alors que ce type d’habitat reste le rêve d’une très grande majorité de Français. Comment expliquez-vous ce décalage ?

« La demande reste forte, car plus de 80 % des français aimeraient habiter en maison individuelle, mais elle n’est plus assez en phase, financièrement, avec l’offre existante : les professionnels sont confrontés à une pénurie de foncier abordable, dans notre région, qui entraîne un renchérissement des prix des terrains à bâtir. Il y a bien des terrains « en diffus », grands et chers, mais pas suffisamment de terrains aménagés intelligemment et plus petits. Cette situation exclut de fait les primo-accédants qui souhaiteraient réaliser leur rêve d’accession à la propriété mais ne le peuvent plus, en raison du coût d’achat trop élevé du terrain, plus que de la construction de la maison. De plus, la nouvelle règlementation thermique RT 2012 a augmenté les prix des maisons de plus de 10 %. Enfin, beaucoup de communes continuent  de privilégier l’habitat diffus, au détriment de lotissements intelligents et bien intégrés dans leur environnement, davantage accessibles pour les primo-accédants. »

 

L’habitat en lotissement n’a plus la cote ?

« Au contraire : la demande reste toujours très forte. La SEMEPA (Sem du Pays d’Aix) a, par exemple, réalisé récemment un lotissement à Luynes, une commune très bien située entre Aix et Marseille. Le programme s’est vendu  rapidement, avec des parcelles d’environ 700 m2 à environ 200 000 euros. Un prix moindre que des parcelles voisines, plus grandes, en diffus. Cela reste toutefois exceptionnel : les PLU laissent le plus souvent peu de possibilités d’aménager des lotissements parce que ceux qui ont eu un jour la chance d’acheter en diffus ne veulent plus de nouveaux voisins, surtout sur des terrains plus petits. Le résultat est, qu’alors que nous devrons limiter l’espace urbanisé, nous consommons encore trop de surface par manque de volontarisme de nos PLU. En conclusion, il ne faut pas stopper la construction car notre région attire les habitants et que cela crée et favorise l’emploi. Mais oui, il faut construire de façon intelligente, en aménageant mieux les espaces. »

 

Quelles seraient les solutions pour redynamiser le marché de la maison individuelle ?

« Cela passe par un aménagement foncier intelligent, qui intègre des zones mixtes comprenant des immeubles et des terrains à bâtir, à l’image ce que pratiquent des villes comme Salon-de-Provence, La Fare-les-Oliviers, Manosque ou quelques autres. Et il faut, d’autre part, poursuivre la politique publique d’aides au financement pour les primo-accédants : l’assouplissement des conditions d'accès au PTZ, en 2014, a incontestablement boosté le marché de la maison individuelle. Il en sera sans doute de même du nouveau coup de pouce sur le PTZ qui est entré en vigueur en janvier. »

Inscription Newsletter

Enregistrez votre email pour recevoir les dernières informations sur l'OIP