Jean Paul Betbeze / Newsletter OIP JUILLET

3 questions à…


Jean-Paul Betbeze, économiste et Président de Betbeze Conseil


L'immobilier neuf repart. Quelles sont, selon vous, les conditions pour une poursuite de cette reprise ?

« « Les raisons sont multiples, derrière cette amélioration de la conjoncture française. Notons d’abord que le pouvoir d’achat des salariés a résisté ces dernières années, puisque les prix n’ont pas augmenté. Nombreux ont pris conscience, dans cette situation, que les prix des logements baissaient légèrement par endroits, en tout cas n’augmentaient pas, tandis que les taux d’intérêt eux baissaient. Au fond, pour un même montant de remboursement, certains ménages ont ainsi calculé qu’ils pouvaient acheter plus grand ou moins cher. Ajoutons que les nouvelles mesures de la loi Pinel étendant les aides aux ascendants et descendants ont débloqué des situations, tandis que beaucoup de ménages ont également pensé que les taux bancaires allaient remonter. Il suffit pour s’en convaincre de voir le nombre de demande de renégociations de crédits. Bref, c’est une conjugaison de facteurs qui est ainsi à l’œuvre. »


Cette reprise annonce-t-elle un retour de la croissance pour le reste de l'économie française ?

« Evidemment ceci y participe. Mais attention : l’amélioration du premier trimestre vient du fait que les prix n’ont pas bougé, donc que le pouvoir d’achat des ménages n’a pas seulement tenu mais augmenté, ces derniers trimestres. Pour que la reprise se poursuivre, il faut, côté ménages, que le chômage se stabilise, puis baisse. Et il faut, côté entreprises, que les profits montent pour que l’investissement se renforce, puis que l’embauche reprenne. Nous n’y sommes pas vraiment. »


Vous indiquiez, lors de la présentation par l’OIP des résultats du marché immobilier, en avril dernier, que la baisse des taux d'intérêt et des prix de l'immobilier était une fausse bonne nouvelle. Pourquoi ?

« Quand les taux baissent, autrement dit quand l’argent est moins cher, on peut s’endetter plus pour un même remboursement. Donc on peut mieux se loger- en faisant vite et attention à ce qu’on achète bien sûr. Mais tout n’est jamais rose, ni simple : si les taux baissent, c’est bien parce que l’activité est plus faible (et aussi l’inflation). Et si les taux sont plus bas, ce n’est pas évident que les prix des logements vont baisser, puisque les ménages peuvent acheter au moins autant de m2, sinon plus, pour une même mensualité de remboursement. Le moment important est donc celui où les taux d’intérêt commencent à remonter et où chacun se presse pour faire des affaires. C’est la vraie bonne nouvelle ! Mais attention, les stocks de logements sont limités. Si on veut donc renforcer la contribution du logement à la reprise, c’est maintenant – en facilitant les permis de construire. »


www.betbezeconseil.com



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